Dans mon livre Lombricultures en France, il est question de lombristation mise en place par Patrice SOTO.
Nous reprenons ici notre texte.
La lombrifiltration se présente comme une solution intéressante pour les stations d’épuration, comme le prouve la seule station de France (et peut-être d’Europe) utilisant l’action des lombriciens pour nettoyer les eaux usées.
Précisons ici le rôle joué par le Docteur José Tohá Castellá. En 1994, ce Chilien a développé un traitement des déchets en utilisant les vers de compost. En 1997, il contacte Marcel B. BOUCHÉ et débute alors une collaboration entre deux équipes, en France et au Chili. Patrice SOTO, ingénieur INRA, optimisera ce processus dans l’optique de traiter les eaux usées.
Il concevra un biofiltre en 2004 dans la commune de Combaillaux. Son maire présente d’ailleurs ce dispositif dans cet article très complet. Très volontariste, cet ingénieur et son conseil municipal ont approuvé ce projet de biofiltration plutôt que de se raccorder au réseau d’assainissement de Montpellier. Cette commune a ainsi profité d’une autonomie dans le traitement de ses eaux usées.
Ce procédé 100 % écologique s’appuie sur un substrat à base de copeaux de bois de deux ou trois centimètres, peuplé d’Eisenia andrei. Les eaux usées sont déversées sur ce filtre, elles sont ingérées par les lombriciens et de l’eau claire ressort après ce processus de biofiltration. En 2018, entre 50 000 et 70 000 litres d’eau étaient traités via ce dispositif. Même si cette expérimentation est un succès, même si cela paraît intéresser de nombreux élus, aujourd’hui, aucune autre station de lombrifiltration ne semble s’être installée en France.
Créée par Patrice SOTO dans l’Hérault, l’entreprise LombriTek a travaillé sur d’autres projets, dans le domaine de l’agriculture. Cependant, l’auteur ne sait pas s’il s’agit d’expérimentations encore en cours et quels débouchés durables en sont issus, à ce jour.
Monsieur SOTO nous a aussi envoyé cette vidéo en Mai 2026.



